Le problème n’est jamais l’échec en lui-même, mais la manière dont on l’interprète. Dans un environnement très binaire, où l’on serait soit « un champion » soit « un loser », la tentation est de vouloir tout contrôler pour éviter la chute, au risque de se couper de ses émotions.
Or, c’est précisément cette rigidité qui use sur le long terme. Apprendre à traverser les moments de vulnérabilité, plutôt que les nier, est ce qui permet de tenir.
Maxime, lui, a connu un basculement brutal après son accident de rugby en 2017. Il explique avoir été bien entouré… mais avoir souffert du regard des autres : Il fait alors le choix de partir loin, pour se reconstruire loin de ces projections. C’est à ce moment-là qu’il commence à remettre du cadre et des limites : apprendre à dire non, revenir à ce qui lui fait vraiment du bien, et ne donner que lorsqu’il a de l’énergie à donner.
Pour Thomas, la clé est d’accepter notre part vulnérable et de s’humaniser, plutôt que de chercher à devenir un robot sans émotions :
Concrètement, pour un(e) entrepreneur(e), cela peut vouloir dire :
- accepter qu’une traversée du désert ne signe pas « la fin de l’histoire », mais une virgule, comme le dit Maxime ;
- couper la vanne d’information quand on est dans le creux de la vague (moins de réseaux, moins de comparaison, plus de protection) ;
- s’entourer : là où les sportifs de haut niveau ont des équipes complètes (kinés, coachs, médecins, préparateurs mentaux), l’entrepreneur(e) reste souvent seul(e). Chercher un collectif, un(e) mentor, un(e) thérapeute, un pair à qui parler n’est pas un luxe, c’est un facteur de survie.