Comment s’entourer pour faire grandir son business grâce au réseau

Le réseau, un mot qui fait parfois grincer des dents. Pourtant, bien cultivé, c’est l’un des leviers de croissance les plus puissants pour un(e) entrepreneur(e).
À l’occasion de PowerUp 2025, Caroline Mignaux, fondatrice d’Agence Personnelle et du podcast Marketing Square, et Ieva Gaigala, fondatrice de Paradise Group, ont partagé une vision moderne du réseau : qualitative, intentionnelle, profondément humaine.
Redonner au réseau une connotation positive
Le réseau est - ou a été longtemps perçu a minima - comme un avantage réservé à quelques initié(e)s. Caroline rappelle que :
Le réseau est toujours un avantage injuste. On parle volontiers de réseau quand c’est pour soi et de piston quand c’est pour les autres. - Caroline Mignaux
Il ouvre des portes plus vite, mais il reste accessible à tous, à condition de le construire volontairement. Il est clé car, comme en immobilier, les meilleures opportunités sont « off market ».
Ieva, de son côté, insiste sur le fait que le réseau n’est pas une simple liste de contacts, mais un ensemble de relations actives, où chacun apporte quelque chose à l’autre. Ce n’est pas une relation unilatérale.
Le réseau n’a pas pour vocation à durer pour toujours avec tout le monde. On peut partager un bout de chemin avec quelqu’un. Si on s’est apporté de la valeur mutuellement, c’est l’essentiel. - Ieva Gaigala
Réseau online vs offline : deux faces d’un même levier
L’audience n’est pas (encore) un réseau
Ieva insiste sur une distinction clé : une audience (followers, abonnés, liste e-mail) n’est pas mécaniquement un réseau.
Un réseau existe à partir du moment où il y a interaction (messages, échanges, intros, rencontres) et réciprocité (chacun peut, à un moment ou un autre, aider l’autre).
Le digital permet de rester « top of mind » à grande échelle, mais c’est la qualité des interactions (commentaires, messages privés, cafés, événements) qui transforme l’audience en réseau.
Le pouvoir des relations parasociales
Caroline souligne un phénomène puissant : les relations dites parasociales. Après avoir écouté des dizaines d’épisodes de podcast ou suivi quelqu’un sur les réseaux, on a l’impression de connaître la personne, même si l’inverse n’est pas vrai.
Pour un(e) entrepreneur(e), cela crée plusieurs effets très concrets :
- confiance accélérée : un prospect qui vous suit depuis des mois se sent déjà en terrain connu,
- décisions plus rapides : les cycles de vente se raccourcissent et les tarifs peuvent augmenter significativement,
- preuve sociale : un compte visible (podcast, badge vérifié, communauté engagée) augmente, à tort ou à raison, la perception de fiabilité.
Le réseau virtuel devient alors un accélérateur pour le réseau physique.
L’importance des liens faibles
Autre idée forte : ce ne sont pas toujours nos liens les plus proches qui nous ouvrent les plus grandes portes.
Les liens faibles comme tremplin
Les liens forts sont l’entourage proche (famille, amis proches). Ils offrent du soutien, mais ne sont pas toujours ceux qui apportent les opportunités les plus inattendues. Les liens faibles (personnes croisées une fois, auditeurs de podcast, contacts LinkedIn peu sollicités) peuvent, eux, jouer un rôle déterminant : recommandation à un investisseur, mise en relation clé, introduction à un futur client.
Ces liens faibles sont multipliés grâce aux contenus (podcasts, posts, newsletters), mais aussi grâce à toutes les petites attentions du quotidien : un message pour dire « j’ai beaucoup aimé ton épisode », un partage d’article, une recommandation spontanée.
Les « dark funnels » : là où les recommandations se décident
Caroline évoque également les dark funnels, ces canaux privés où se jouent aujourd’hui beaucoup de décisions : groupes WhatsApp, communautés Slack ou Discord, messages privés sur les réseaux.
C’est dans ces espaces non traçables par les outils marketing que se disent des phrases décisives : « tu connais quelqu’un pour animer notre prochain événement ? », « tu as une recommandation d’expert-comptable / coach / freelance ? ».
Pour un(e) entrepreneur(e), l’enjeu est donc double :
- être présent(e) dans les bonnes communautés (thématiques, géographiques, sectorielles) ;
- et y avoir une réputation de confiance, alimentée par les contenus, les introductions, et la qualité des collaborations passées.
Construire un réseau utile : avancer avec intention
Ieva identifie un écueil principal : « réseauter pour réseauter ». Cela veut dire : aller à tous les événements, multiplier les cartes de visite, sans intention claire. Elle propose une approche beaucoup plus ciblée.
Partir de ses objectifs business
Avant de s’inscrire à un événement ou de solliciter des mises en relation, posez-vous ces questions :
- De quoi ai-je besoin dans les prochains mois ? Clients, partenaires, talents à recruter, mentors, pairs, investisseurs
- Qui peut m’aider à atteindre ces objectifs ? Quel type de profil, dans quel secteur, à quel niveau de seniorité
Cette clarté permet de choisir les bons lieux (événements, communautés, réseaux locaux ou sectoriels) et d’adapter son pitch.
Travailler son « blurb » ou sa « golden sentence » : se présenter simplement et efficacement
Le « blurb », c’est ce pitch très court - 2 à 3 phrases maximum - qui permet à n’importe qui de vous présenter à son tour.
Un bon blurb doit :
- être clair (éviter le jargon, aller à l’essentiel),
- être mémorisable (une formule simple, une image, une spécialité nette),
- se terminer par un call to action implicite ou explicite (pour qui vous êtes utile, sur quel problème précis).
Plus il est simple, plus les gens peuvent devenir vos ambassadeurs. Caroline évoque de son côté le concept de « golden sentence », similaire à celui-ci.
Donner avant de demander : les bonnes pratiques qui font la différence
Les deux intervenantes convergent sur un point : les meilleurs réseaux se construisent sur la générosité et la réciprocité, pas sur la chasse aux opportunités à court terme.
Sortir du cadre purement business
Caroline raconte que nombre de ses relations professionnelles les plus précieuses ont commencé lors de moments informels. Inviter un contact professionnel à un dîner, une projection, un événement convivial permet souvent de voir la personne derrière le rôle (fondateur, CMO, investisseur) et d’entamer une relation plus naturelle.
Devenir un faiseur de liens
Un des moyens les plus puissants de cultiver son réseau sans arrière-pensée est de faire des intros, en mettant en relation deux personnes qui peuvent s’apporter mutuellement.
Pour un(e) freelance, cela peut par exemple être de proposer une alternative quand on ne peut pas soi-même répondre positivement à une demande.
À force, vous devenez un point de passage naturel dans votre écosystème et la personne à qui l’on pense lorsque de nouvelles opportunités émergent.
Oser le follow-up
Le suivi après une rencontre est souvent négligé, alors qu’il fait la différence :
- un message court après un événement : « Ravi(e) d’avoir échangé à PowerUp sur [sujet]. À bientôt j’espère. »,
- une prise de rendez-vous directement pendant l’événement si l’échange est prometteur : sortir les agendas là, tout de suite, plutôt que de repousser à plus tard,
- des relances sobres, orientées vers l’action : proposer 2–3 créneaux concrets, reformuler clairement la demande, accepter le non (ou l’absence de réponse) sans en faire une affaire personnelle.
Bénévolat, communautés, intros : des portes d’entrée sous-estimées
Pour s’ouvrir des réseaux auxquels on n’a pas (encore) accès, Ieva partage une stratégie simple et efficace : le bénévolat.
En aidant sur la logistique ou l’animation d’un événement, en contribuant à une communauté existante, vous êtes en contact des organisateurs, souvent très bien connectés et d’accéder à des espaces plus restreints (lounges, dîners, coulisses) où se trouvent les décideurs et dirigeant(e)s.
C’est une manière concrète d’entrer dans la pièce, sans forcer les portes.
Deux règles d’or pour faire du réseau un vrai levier de croissance
En conclusion, voici la règle d’or de chaque intervenante concernant le réseau :
Ne négligez jamais les personnes qui sont juste à côté de vous. - Caroline Mignaux
Le réseau commence ici et maintenant, avec vos voisins de chaise, les parents d’élèves, les collègues d’espace de coworking… Pas besoin d’attendre le bon événement ou la bonne personne.
Avancez avec intention et pensez long terme. - Ieva Gaigala
On surestime souvent ce que l’on peut obtenir d’un événement ou d’une rencontre isolée, mais on sous-estime ce que quelques années de rencontres, d’intros et de petites attentions peuvent produire comme opportunités.
À la recherche d’un compte pro pour votre activité ? Découvrez Qonto, le compte professionnel qui simplifie le quotidien bancaire des entrepreneur(e)s.





![66acede3530396997ccf37ba Couverture de poste Peach [Portail public facturation]](https://qonto.com/blog/images/asset/24624/image/2f90f295e25d0a97ef8cf7592a327299.png)
