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Comment pérenniser votre entreprise ?

Le 13 avril 2022 par Touhfat Mouhtare
Image d'une grue et d'un bâtiment en construction.

Imaginez : nous sommes en 2040. Vous êtes artisan, en train de créer votre entreprise, ou encore gérant(e) d’un espace de coworking. Vous avez connu les bouleversements majeurs des années 2019 à 2022, et pourtant, votre entreprise a poursuivi sa croissance. Comment avez-vous réussi à passer la barre fatidique des 5 ans, puis celle des 10 ans ?

Revenons à aujourd’hui. Nous ne prédisons pas l’avenir, mais nous avons fait le tour de la question pour comprendre ce qui favorise la pérennité d’une entreprise.

Nourrir une vision. Anticiper les risques et vous adapter aux changements de plus en plus fréquents du marché. Gérer le quotidien de manière pragmatique. Nous vous invitons à la fois à prendre du recul pour vous projeter, et à mettre en place des bonnes pratiques très concrètes. Pour rester unique et durer longtemps.

Entreprise pérenne : définition

Les chiffres

En 2019, 61 % des entreprises créées sous forme de société 5 ans plus tôt ont poursuivi leur activité. Au printemps 2020, avec la crise de la Covid 19, 35 % des entreprises ont déclaré une baisse de leur activité supérieure à 50 %. La donne change de plus en plus vite. S’adapter n’est plus seulement une nécessité. C’est un état d’esprit à adopter si l’on veut ancrer son entreprise dans le temps.

La bonne nouvelle : quel que soit l’étape du développement de votre activité, des moyens existent pour la stabiliser. Et lui donner toutes les chances de durer.

Qu’est-ce qui définit une entreprise tournée vers l’avenir ?

Une entreprise peut devenir pérenne si elle réunit trois critères, selon le cabinet Deloitte.

  • La vision. Une entreprise doit répondre à un besoin identifié comme permanent. En fixant un cap et des objectifs clairs à long terme. D’après une autre étude de Deloitte, les entreprises capables d’incarner une vision ont des chances de durer. La vision va de pair avec la notion d’identité. Celle-ci est essentielle, car elle permet à votre entreprise d’être reconnaissable. Mais la notion d’identité peut paraître abstraite. Ces questions devraient vous aider à cerner la vôtre : si votre marque était une personne, comment définiriez-vous son tempérament en cinq mots ? Quels mots ne prononcerait-elle surtout pas ? À quelle problématique (sociale, économique...) souhaite-t-elle s’attaquer ? À quel besoin va-t-elle répondre ?
  • L’audace. Les objectifs ambitieux sont réalisables, à condition d’être divisés en étapes. À chacun de vos pas, vous posez un jalon. Vos clients peuvent ainsi voir d’où vous êtes parti(e) et où vous allez. Par exemple, Pétrone, une jeune marque de vêtements, informe régulièrement ses clients de sa progression.
  • L’amélioration continue. Oser se lancer. Accepter d’échouer. Apprendre de ses erreurs, et s’adapter. Ces attitudes qui permettent à une entreprise de durer. En identifiant les pratiques contraires aux objectifs que vous vous étiez fixés. Ou en intégrant à vos usages des nouveaux outils de travail.

Vous trouverez au bas de cet article des ressources utiles pour construire une identité solide.

Bien démarrer pour tenir dans la durée

Connaître son marché

L’étude de marché vise à définir votre place sur l’échiquier de votre secteur et la place que vous y occupez. Une bonne étude de marché vous permet de :

1. Choisir l’implantation. Ce choix s’appuie plusieurs critères. En voici les deux principaux :

  • La visibilité. Si vous ouvrez un commerce de vente au détail, privilégiez des centres-villes ou zones commerciales attractifs et accessibles. Vous trouverez des statistiques locales et des indices sur la pertinence du lieu d’implantation dans le site de l’INSEE et sur Smappen.
  • Les coûts. Certaines municipalités proposent des avantages fiscaux aux entreprises (réduction d’impôt provisoire, aide à l’implantation). Si vous êtes prestataire de services, vous pouvez réduire les coûts en domiciliant votre activité chez vous ou dans un espace de coworking.

2. Connaître vos concurrents. L’INSEE propose une liste des entreprises par secteur et par zone géographique. Et sur Trustpilot, vous trouverez dans les avis des clients des sources d’inspiration.

3. Être proche de votre cible. C’est le point clé. Qui sont vos clients ? Quels sont leurs besoins, et comment y répondez-vous ? Comment prenez-vous en compte leur avis sur votre produit ou votre prestation ? Comment les impliquez-vous dans le développement de votre entreprise ? À titre d’exemple, en avril 2022, chez Qonto, nous avons proposé à nos clients de rejoindre nos actionnaires. Nous partageons ainsi les succès avec notre communauté, plus directement.

Après l’étude de marché, place à la création de votre structure si ce n’est pas encore fait. Rendez-vous ici pour connaître vos obligations fiscales dès la première année.

Affirmer et incarner sa raison d’être

La raison d’être est un engagement que vous prenez. Lutte contre le gaspillage, respect de l’équilibre vie privée-vie professionnelle, ou encore approvisionnement en circuit court et en produits frais : plus votre choix sera précis, plus votre impact sera visible.

Depuis 2018, la raison d’être peut faire partie des statuts d’une entreprise, grâce au rapport remis au gouvernement français par Jean-Dominique Senard et Nicole Notat, L’entreprise, objet d’intérêt collectif, qui a inspiré la Loi Pacte. Pour BPI France Le Lab, consolider sa raison d’être peut être un gage de pérennité.

Prendre les bonnes décisions administratives

La structure que vous choisissez pour votre entreprise peut influer sur vos chances de durer. Vous pouvez par exemple commencer par une entreprise individuelle (auto entreprise ou EURL), puis faire évoluer votre activité, à mesure que vos ventes ou que vos tarifs augmentent. Si tel est votre choix, nos conseils sur la dissolution d’EURL peuvent vous être utiles.

Baliser le terrain pour rester en mouvement

S’adapter quand tout va (de plus en plus) vite

L’économie change, et les structures organisées en silos en paient le prix fort. Côté freelance, une étude de Malt révèle que 72 % des indépendants ont perdu au moins une mission en 2020. Comment suivre ce rythme effréné sans y laisser la vie de son entreprise ?

  • Ne pas stagner. Pour mettre toutes les chances de votre côté, continuez d’apprendre. Si vous n’avez pas encore les fonds pour financer une formation, vous pouvez vous tourner vers le Fonds Interprofessionnel de Formation des Professionnels Libéraux (FIF PL). Privilégiez des institutions qui proposent des programmes remboursables, comme Les Echos Formation.
  • Tirer parti des outils numériques. Chez Qonto, nous utilisons Notion comme base de données unique, et pour gérer nos projets en équipe. D’autres solutions peuvent accélérer vos interactions avec vos clients. Grâce à elles, en 2020, des entreprises du BTP ont intégré le Top 10 des champions de la relation client du cabinet HCG France. Bientôt, vous prospecterez peut-être dans les fameux métavers, ces univers en réalité augmentée où l’on peut échanger en temps réel. N’hésitez donc pas à consulter ces quelques sources pour votre veille technologique : Accenture, Feedly ou Meltwater.
  • Être actif(ve) sur les réseaux sociaux. Voici les conseils de l’Adie pour faire des réseaux sociaux les alliés de votre croissance.

S’assurer de la bonne gestion des finances et des risques

Gérer les risques, c’est mettre en place des processus, des méthodes et des outils pour limiter ou éviter ce qui peut affecter la réussite d’une entreprise. Cela commence par l’identification des risques :

  • Le risque stratégique, par exemple un concurrent arrivant sur le marché.
  • Le risque en lien avec la conformité, comme l’introduction de la réglementation sur la protection des données (RGPD).
  • Le risque financier, tel qu’un retard de paiement, ou le défaut de remboursement d’un prêt professionnel. Retrouvez dans cet article des conseils pour piloter vos finances.
  • Le risque opérationnel, comme le vol d’équipements ou la fuite de données.
  • D’autres catégories de risques, comme les enjeux environnementaux, la gestion du personnel, l’instabilité d’un marché étranger, la santé et la sécurité.

De même, il existe plusieurs façons de gérer les risques. En voici quelques-unes :

  • L’accepter et le transférer : en souscrivant une assurance pour des risques difficiles à éviter.
  • Le diminuer : en introduisant de nouvelles mesures de sécurité, de protection des données et du personnel.
  • L’éliminer : en changeant totalement vos modes de fabrication ou, si vous êtes prestataire de services, en opérant une extension de votre domaine d’activité.

Miser sur la qualité des compétences

Votre savoir-faire est précieux

Identifiez en quoi votre savoir-faire diffère de celui de vos concurrents. Gemmyo, une PME de confection de bijoux de luxe, mise par exemple sur l’expertise des joailliers et l’adaptation de ses produits au mode de vie d’aujourd’hui. La Belle Vie, une plateforme qui livre des courses en quelques heures, s’appuie sur son expérience solide de la logistique.

Votre entourage est une richesse

Comment coordonnez-vous l’effort de votre équipe au service de la relation client ? Savez-vous vous entourer des bons conseillers dans les domaines que vous ne maîtrisez pas ?

De plus en plus, les indépendants s’organisent en communautés, à l’instar de Tribu Indé. Cela donne de nombreux avantages :

  • Accéder à des informations auxquelles on n’a pas toujours accès ;
  • Proposer à d’autres freelances des missions que l’on n’a pas le temps de réaliser, et bénéficier de la même attention en retour ;
  • Combiner son expertise à celle des autres pour proposer des prestations « groupées » et ponctuelles ;
  • Cultiver sa différence et construire son identité en s’inspirant des autres ;
  • Ou, plus simplement, préserver sa motivation. Pour durer.

Selon Howard Yu, contributeur à la Harvard Business Review, « les entrepreneurs sont des agitateurs d’idées, des rebelles, capables de transformer une industrie ou d’en inventer une nouvelle ». Si la question « où vous imaginez-vous dans dix ans ? » vous paraît encore abstraite, remplacez-la donc par celle-ci : « qu’est-ce qui donnera à mes clients l’envie de me suivre dans dix ans ? ». Vous y verrez déjà plus clair.

À retenir

  • Choisissez bien votre lieu d’implantation selon votre secteur d’activité.
  • N’ayez pas peur de penser au long terme, de nourrir une vision stratégique. Quelle que soit la taille de votre entreprise, cela vous donnera un cap à atteindre.
  • De même, ne craignez pas d’envisager les risques, internes (à éviter) ou stratégiques (à envisager et à mesurer).
  • Prenez le temps de connaître votre marché, vos concurrents, votre cible réelle et votre cible idéale.
  • Affirmez votre raison d’être. Choisissez un engagement que vous pouvez assumer, dont vous pourrez fournir des preuves.
  • Choisissez la structure juridique qui convient à votre activité, puis faites-la évoluer à votre rythme.
  • Informez-vous sur les outils technologiques, puis choisissez ceux qui vous feront gagner du temps et de l’énergie.
  • Faites confiance à votre expertise.
  • Rejoignez une communauté d’indépendants ou d’entreprises ayant des activités différentes de la vôtre.

Ressources utiles

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