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Comment fixer son TJM en tant que freelance ?

Le 29 mars 2022 par Julie Merrer

Vous venez de vous lancer en freelance, et vous cherchez vos premières missions ?

Avant de prospecter, l’une des premières choses à faire est de prendre un moment pour définir votre offre et fixer vos tarifs.

En freelance, il est fréquent de facturer au taux journalier moyen (TJM). Il s’agit tout simplement du montant de la rémunération à la journée.

Mais lorsque l’on débute, il est parfois difficile de savoir sur quelles fourchettes de prix se positionner.

Certains indépendants ont tendance à baisser drastiquement leurs tarifs, de peur de perdre des clients et de passer à côté de belles opportunités.

Pourtant, c’est un piège dans lequel il ne faut pas tomber. Cette inquiétude est certes légitime, mais en tirant les prix vers le bas, vous n’allez pas réussir à construire une activité durable et pérenne sur le long terme.

Mais alors, comment fixer son tarif en freelance ? Quels sont les critères à prendre en compte pour facturer ses services au prix juste ? Et quelles sont les bonnes pratiques à adopter pour augmenter progressivement son TJM ?

Nous faisons le point dans cet article.

Ce qu’il faut savoir avant de fixer son TJM en freelance

Calculer le temps consacré à la gestion de votre activité

En freelance, il est très rare de travailler un mois complet pour un ou plusieurs clients. Vous êtes à la tête d’une entreprise, et vous devez consacrer du temps à la gestion administrative et commerciale de votre activité.

Cela implique que vous devez :

  • gérer votre facturation (émettre des devis, des factures, des bons de commande, etc.) ;
  • tenir votre comptabilité ;
  • remplir vos obligations administratives (déclaration de chiffres d’affaires, déclaration de TVA, etc.) ;
  • prospecter (répondre à des offres, réaliser un ou plusieurs appels avec un potentiel client, s’intéresser au projet et comprendre les problématiques de l’entreprise, formuler une proposition commerciale en adéquation avec ses besoins, éventuellement faire un test, etc.) ;
  • gérer votre communication (site internet, mise à jour du portfolio, etc.).

Et ce n’est pas tout. Les freelances, travaillant étroitement avec la technologie, ont tout intérêt à se former continuellement, faire de la veille pour se tenir à jour et monter en compétence, afin de continuer de proposer des services pertinents.

💡 Bon à savoir : Vous souhaitez proposer vos services en freelance, mais vous n’avez pas envie de passer trop de temps sur la partie administrative et comptable de votre activité ? Vous pouvez opter pour le portage salarial. Le portage salarial vous donne un statut à mi-chemin entre salarié et indépendant. Vous êtes lié(e) à une société de portage par un contrat de travail et bénéficiez des avantages des salariés (salaire minimum, congés payés...). La société s’occupe également de la facturation et des relances clients. En contrepartie, elle prélève une commission sur votre rémunération.

Anticiper les périodes de baisse d’activité

Lorsque l’on se lance en freelance, il est fréquent d’avoir une rémunération irrégulière d’un mois à l’autre. Certaines périodes peuvent être chargées, d’autres beaucoup plus calmes.

De la même manière, vous pouvez décider de prendre quelques jours ou semaines de vacances pour vous reposer. Mais contrairement à un salarié, vous n’avez pas de congés payés. Si vous ne travaillez pas…. vous ne gagnez rien.

Ces baisses d’activité sont inévitables lorsque l’on est indépendant(e). Vous devez donc les anticiper et les intégrer à votre TJM.

Estimer vos charges professionnelles et personnelles

1. Les charges professionnelles

Gardez en tête une chose importante : votre chiffre d’affaires n’est pas votre salaire ou votre rémunération . Malheureusement, ce n’est pas parce que vous avez un TJM de 400 € que vous allez vraiment toucher 400 € in fine. Pour faire le calcul de votre rémunération, vous devez penser à déduire vos charges professionnelles.

Parmi les frais les plus courants qui incombent aux indépendants, nous pouvons citer :

  • les charges sociales ;
  • les charges fiscales (impôt sur le revenu, TVA, Cotisation Foncière des Entreprises, etc.) ;
  • votre mutuelle (entièrement à votre charge, contrairement aux salariés) ;
  • votre assurance professionnelle (assurance responsabilité civile professionnelle, assurance multi-risques...)
  • les frais professionnels liés à votre activité (achat de matériel informatique, abonnement à des outils et logiciels, paiement d’un espace de coworking, frais de formation, frais liés à votre compte professionnel, etc.).

💡 Bon à savoir : le montant des charges sociales peut varier en fonction de votre statut juridique. C’est un élément à prendre en compte lors du choix de votre statut en freelance.

Vous l’aurez compris : la différence entre votre chiffre d’affaires et votre rémunération nette peut être très importante. À vous de faire le calcul pour fixer votre tarif.

2. Les charges personnelles

Avant de fixer votre tarif, vous devez prendre le temps de faire le point sur vos charges mensuelles. Quels sont vos besoins ? À combien s’élève votre budget ? N’oubliez pas de prendre en compte toutes vos dépenses courantes, comme votre loyer, vos factures, les dépenses alimentaires, crédit, loisirs, etc.

De manière très concrète, cela vous permettra d’identifier votre salaire minimum (autrement dit de combien d’argent vous avez besoin pour vivre convenablement). C’est essentiel d’avoir une image très précise en tête, notamment lorsque l’on débute, pour éviter les mauvaises surprises à la fin du mois.

Sur quels critères fixer son taux journalier moyen (TJM) en freelance ?

Il existe trois grands critères qui entrent en jeu dans le calcul du TJM : les compétences, le marché et la complexité de la prestation.

Faire le point sur ses compétences

Avant de vous lancer et de trouver vos premières missions, il est essentiel de faire le point sur vos compétences. Que vous soyez freelance, designer, ingénieur, développeur web, consultant ou chef de projet, vous devez prendre le temps de vous poser certaines questions, à savoir :

  • Quelle formation avez-vous suivie ?
  • Quel est votre niveau d’expérience ? Avez-vous déjà proposé des services à des entreprises en tant que freelance ?
  • Si vous venez de lancer votre activité en freelance, avez-vous déjà eu l’occasion de réaliser des missions similaires dans un emploi en CDI ?
  • Quel est votre portefeuille client ?
  • Avez-vous une spécialisation ? Si oui, laquelle ? Quelle est votre force par rapport à un autre freelance, dans le même secteur ?

Cela vous donnera une image beaucoup plus précise de vos forces, de vos faiblesses, et vous aidera donc à vous positionner en termes de prix (et éventuellement à le justifier auprès de vos prospects.)

Observer le marché

Il est utile d’avoir un point de comparaison pour fixer ses tarifs en freelance. Pour cela, il est important d’observer son marché. Vous pouvez tout à fait regarder les taux journaliers moyens pratiqués par les freelances de votre domaine (ingénieur, consultant, graphiste, rédacteur, développeur web...), qui proposent des services similaires et qui ont le même niveau d’expérience que vous.

Vous pouvez mener votre enquête auprès de plateformes de freelance, comme Malt, qui affichent publiquement les TJM et le niveau d’expérience des indépendants. En revanche, évitez d’observer les plateformes moins réputées qui mettent en avant les services de freelances étrangers et pratiquent des tarifs très bas.

N’hésitez pas à échanger avec d’autres indépendants de votre réseau pour connaître leur pratique tarifaire. L’univers freelance est globalement très bienveillant et chacun est toujours prêt à échanger sur son activité. Une bonne initiative est aussi de contacter des freelances plus expérimentés que vous, pour vous inspirer et comprendre comment ils ont fait évoluer leur rémunération, au fil du temps.

Vous n’avez pas d’expérience ? C’est normal, il faut bien commencer quelque part. Dans ce cas, vous pouvez tout à fait proposer des prix un peu moins élevés, le temps pour vous de monter en compétence et de faire vos premières armes. Résultat : vous construisez un portfolio que vous pouvez montrer par la suite à vos prochains clients, et vous montez rapidement vos prix.

Prendre en compte la complexité de la prestation

Le calcul de vos tarifs doit également prendre en compte la difficulté de la prestation qui vous est proposée.

En effet, une mission peut avoir des exigences et des contraintes particulières.

Prenons l’exemple d’un graphiste à qui une entreprise demande de redéfinir l’identité visuelle de sa marque.

Ce projet demande beaucoup de travail. Il ne s’agit pas seulement de proposer un ou deux logos, mais de restructurer l’identité d’une marque au global. Il risque donc d’y avoir des allers-retours avec l’entreprise, et des demandes de corrections. Il y aura peut-être des urgences, des délais serrés à tenir, qui demanderont au freelance d’être très réactif (éventuellement de travailler le soir, etc.).

Bien évidemment, toutes ces exigences doivent être intégrées dans le prix.

Pour les anticiper, n’hésitez pas à prendre un moment pour cadrer le périmètre du projet dès le premier échange avec votre client. Posez toutes les questions qui vous semblent pertinentes pour bien comprendre ce qui sera attendu de vous. De cette manière, vous allez signer votre mission en ayant en tête les exigences de votre client et pourrez valoriser votre prix en conséquence.

2 bonnes pratiques pour augmenter son taux journalier moyen (TJM) en freelance

En freelance, vos tarifs ne sont pas figés. Ils seront amenés à évoluer à mesure que vous gagnerez en expérience.

Voici quelques bonnes pratiques qui vous aideront à valoriser vos tarifs.

Bonne pratique #1 : Développer son expertise et se spécialiser

Le freelance doit se former continuellement aux nouvelles tendances de son secteur afin de rester à jour et continuer de proposer les meilleurs services possibles pour ses clients.

Mais pour aller encore plus loin, et se différencier des autres indépendants, l’une des clés est de se spécialiser. En développant votre expertise sur un savoir-faire précis, vous devenez un expert dans votre niche et inspirez plus confiance à vos prospects.

Et plus votre compétence est rare, plus elle a de la valeur et plus vous pouvez la valoriser dans vos tarifs.

À noter que certains freelances font le choix d’exercer plusieurs activités. La polyvalence est aussi appréciée et certaines entreprises privilégient les consultants multi-casquettes.

Bonne pratique #2 : Construire sa réputation en freelance

En freelance, il est important de construire sa réputation et de développer son audience. De cette manière, vous allez gagner en crédibilité et booster votre visibilité auprès des entreprises de votre secteur.

Lorsque vous êtes reconnu dans votre domaine, ce sont vos clients qui vous démarchent directement et sollicitent vos services. Vous avez plus de prospects et pouvez augmenter vos prix. C’est le fameux principe de l’offre et de la demande qui s’applique ici.

Mais comment construire sa réputation en freelance ?

Une très bonne manière de construire sa réputation et asseoir sa crédibilité est de créer du contenu pertinent sur sa thématique.

Vous pouvez par exemple partager du contenu sur le web via :

  • des articles de blog ;
  • des posts sur les réseaux sociaux ;
  • des vidéos ;
  • des podcasts, etc.

Tous les supports sont possibles. L’essentiel, c’est que votre contenu apporte de la valeur à votre cible. De cette manière, il vient crédibiliser votre travail et renforcer votre position d’expert.

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Maintenant que vous avez toutes les clés pour fixer vos tarifs en freelance, il est temps de passer à la prochaine étape : trouver vos premiers clients. Vous ne savez pas par où commencer ? Nous avons écrit un guide complet pour vous aider à prospecter et à signer vos premiers contrats.

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