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Comment gérer efficacement la trésorerie de son entreprise ?

Le 03 juin 2021 par Julie Merrer

La gestion de la trésorerie est une source d'angoisse pour de nombreux chefs d’entreprise. C'est compréhensible : tout le monde n'est pas à l'aise avec les chiffres, les tableaux, les calculs et les prévisionnels.

Et pourtant, c'est un sujet qu'il ne faut pas négliger. La trésorerie est directement liée au développement et à la pérennité de l’activité. Et lorsqu'elle vire au rouge... elle déclenche de nombreux effets en cascades. Impossibilité de régler ses fournisseurs, de faire face à ses charges sociales et fiscales, licenciement économique... À terme, c’est la survie de l'entreprise qui est en jeu.

Mais à quoi sert précisément la trésorerie ? Pourquoi est-il si important de l'optimiser ? Et quelles sont les bonnes pratiques à adopter pour la gérer efficacement ?

Toutes les réponses dans cet article.

Qu'est-ce que la trésorerie d'une entreprise ?

Trésorerie de l’entreprise : définition

Commençons par quelques fondamentaux pour bien comprendre comment optimiser la gestion de la trésorerie de son entreprise.

La trésorerie regroupe l'ensemble des fonds immédiatement mobilisables par l'entreprise. On parle aussi de disponibilités.

Il s’agit des :

  •  Fonds disponibles sur le compte bancaire de l’entreprise ;
  •  Fonds disponibles en caisse ;
  •  Valeurs mobilières de placement (VMP).

💡 Bon à savoir : Les valeurs mobilières de placement désignent l’ensemble des placements de l’entreprise. Par exemple, elle peut investir dans une autre société et y détenir des titres de participation. C’est un très bon moyen d'épargner et de rentabiliser un éventuel excédent de trésorerie. 

L’ensemble de ces fonds peuvent être mobilisés à court terme lorsque l'entreprise fait face à un besoin (paiement des charges courantes, dépenses imprévues liées à l’augmentation de l’activité, augmentation des dépenses d’équipe pour répondre à un pic saisonnier, etc.)

🔔 Attention : il ne faut pas confondre la trésorerie avec le chiffre d’affaires ou avec le résultat. 

👉 Le chiffre d’affaires renvoie à la somme totale des ventes de produits ou de prestations de services.
👉 Le résultat équivaut au chiffre d’affaires auquel l’on soustrait l’ensemble des charges. Contrairement à la trésorerie, il ne regroupe pas l’ensemble des fonds disponibles pour l’entreprise, comme les VMP par exemple.

Comment calculer la trésorerie nette d'une entreprise ?

C’est la trésorerie nette, et non la trésorerie, qu’il faut prendre en compte pour déterminer la santé financière de son entreprise. 

En effet, la trésorerie nette de l’entreprise désigne l’ensemble des fonds disponibles, en caisse ou sur le compte bancaire de la société, après le règlement des dépenses et l’encaissement des recettes. 

Elle est calculée à partir de la soustraction suivante :

Trésorerie nette (TN) = Disponibilités - Dettes à court terme

Pas d'inquiétude, ces termes sont un peu complexes. Nous allons tout vous expliquer.

Les disponibilités d'une entreprise renvoient à l'ensemble de ses ressources disponibles et mobilisables pour financer son exploitation. Dit autrement, il s'agit de sa trésorerie. Pour rappel, sont inclus les fonds disponibles en caisse, sur le compte bancaire de l'entreprise et les valeurs mobilières de placement.

Les dettes à court terme correspondent à l’ensemble des paiements que l’entreprise doit réaliser pour financer son activité

C’est notamment :

  • Les salaires des salariés ;
  • Les achats auprès de fournisseurs ;
  • Les charges locatives ;
  • Le paiement des charges sociales et fiscales (TVA, impôt sur le revenu ou sur les sociétés, Cotisation Foncière des Entreprises, etc.) ;
  • Et de manière générale, toutes les dettes à court terme nécessaires à l’exploitation (dépenses d’entretien, achat de matière première, achat de matériels, de marchandises etc.) 

Trois situations peuvent être envisagées :

  • Lorsque les disponibilités de l’entreprise sont supérieures aux dettes à court terme, la trésorerie nette est positive. À première vue, sa situation financière est donc saine. Elle est en capacité de faire face à l'ensemble de ces charges sans avoir besoin d'aides financières extérieures.
  • Lorsque les disponibilités de l'entreprise sont égales aux dettes à court terme, la trésorerie nette est nulle. Sa situation financière est dite à l'équilibre. Elle n'a pas besoin de financements externes. Elle est tout de même dans une position délicate, car elle ne sera pas en mesure de faire face à des dépenses exceptionnelles.
  • Lorsque les disponibilités de l'entreprise sont inférieures aux dettes à court terme, la trésorerie nette est négative. Sa situation financière est déficitaire. L'entreprise dispose de ressources insuffisantes. Elle aura donc besoin d'un soutien financier pour continuer à se développer. 

Prenons un exemple pour mieux comprendre :

Maxime est dirigeant d'une PME spécialisée dans la location de voitures. Les disponibilités de son entreprise (l'ensemble des fonds disponibles en caisse, sur le compte bancaire et les valeurs mobilières de placement) s'élèvent à 100 000 euros.
Ses dettes à court terme comprennent notamment le paiement des charges sociales et fiscales, des salaires et l'entretien des véhicules. Elles sont évaluées à 50 000 euros. 

Pour calculer sa trésorerie nette, Maxime réalise le calcul suivant :

Disponibilités - Dettes à court terme = Trésorerie nette (TN)
100 000 - 50 000 = 50 000.

La PME de location de voitures dispose d'une trésorerie nette de 50 000 euros. Sa trésorerie est positive.

Pourquoi est-il important d'optimiser la gestion de sa trésorerie ?

À première vue, la gestion de la trésorerie peut sembler fastidieuse et chronophage. Ces efforts à court terme sont cependant indispensables pour assurer la pérennité de l'activité.

Pour faire face à ses engagements

La bonne gestion de la trésorerie permet d'honorer ses engagements le jour de leur échéance. Le chef d'entreprise est en mesure de régler toutes ses charges, comme les salaires, les dettes fournisseurs et le paiement des impôts et cotisations sociales.

Il a également une meilleure vision des flux entrants et sortants de son entreprise. En identifiant facilement ses principaux postes de dépenses et ses entrées d'argent, il prend des décisions plus éclairées et réalise des économies.

Pour mettre son entreprise à l'abri d'une cessation de paiements

La mauvaise gestion de la trésorerie entraîne des effets en cascade très dommageables.

Lorsque l'entreprise ne dispose pas de suffisamment de trésorerie, elle n'est plus capable d'honorer ses dettes à court terme (emprunt, paiement du loyer, des salaires, des fournisseurs, etc). Elle se retrouve alors en état de cessation de paiements. On dit alors que son passif exigible (ses dettes) est supérieur à son actif disponible (sa trésorerie).

Cet état de cessation de paiements doit être signalé au tribunal de commerce dans les 45 jours suivant l'impossibilité de payer.

Le tribunal peut ensuite décider d'initier une procédure collective : le redressement judiciaire ou la liquidation judiciaire. 

  • Dans le cas d'une procédure de redressement judiciaire, un mandataire judiciaire est nommé pour aider le dirigeant à trouver les solutions adaptées au rebond de l'activité. Lorsque la poursuite de l'activité est envisageable, un plan de redressement est mis en place.
  • Dans le cas d'une procédure de liquidation judiciaire, l'activité est définitivement interrompue et l'entreprise est cédée partiellement ou totalement. La cession permet de régler ses créanciers (les personnes à qui elle doit de l'argent).

Améliorer la trésorerie de son entreprise : les bonnes pratiques

Vous l'aurez compris : l'optimisation de la trésorerie n'est pas un sujet à prendre à la légère.

Certes, tout le monde n'est pas un professionnel des chiffres. Cette activité demande une grande rigueur et une bonne connaissance de son entreprise et de son secteur d'activité. Mais avec les bonnes méthodes, vous devriez aisément vous en sortir.

Promis, bien gérer sa trésorerie n'est pas aussi compliqué que cela en a l'air. 😉

Créer un plan de trésorerie prévisionnel efficace

Difficile de gérer sa trésorerie sans plan de trésorerie prévisionnel.

Le plan de trésorerie est un tableau qui regroupe l'ensemble des encaissements (entrées d'argent) et des décaissements (sorties d'argent) mensuels. L’ensemble des données permet d’identifier clairement vos postes de dépenses et d’anticiper les périodes creuses de trésorerie.
 

Que doit contenir mon plan de trésorerie prévisionnel ?

Au niveau des encaissements, doivent notamment être mentionnées :

  • Le chiffre d'affaires (la somme des ventes ou des prestations de services) ;
  • Les apports en capital (par exemple, lorsqu'un associé apporte une somme d'argent ou un bien dans le capital social de la société) ;
  • Les apports en compte (somme d'argent versée par un associé sur le compte bancaire de la société).

Au niveau des décaissements, sont notamment présents :

  • Les salaires des collaborateurs ;
  • Les charges locatives
  • Les dettes fournisseurs ;
  • Les charges sociales ;
  • Les impôts et les taxes (TVA, impôt sur les sociétés ou sur le revenu, etc.) ;
  • Les autres frais professionnels (frais d'entretien, fournitures, etc).

Voici comment se présente un plan de trésorerie prévisionnel. C’est ensuite à vous de personnaliser votre prévisionnel en fonction de la situation de votre entreprise. Certains postes d’encaissements ou décaissements sont spécifiques à un secteur d’activité et n’apparaissent pas forcément dans cette illustration. Alors, n’oubliez pas de les indiquer dans votre plan. Soyez rigoureux et alimentez votre tableau régulièrement avec toutes les données. Ne négligez pas les petites sommes, car une fois additionnées, elles peuvent s’avérer bien plus importantes. 

Comment créer mon plan de trésorerie prévisionnel ?

Vous pouvez créer votre prévisionnel en utilisant un tableur type Excel ou Google Sheet. Cette solution est adaptée lorsque les flux générés mensuellement sont limités. 

Les dirigeants de TPE ou de PME préféreront opter pour un logiciel de comptabilité plus pratique et intuitif pour générer un plan de trésorerie.  

💡 Bon à savoir : Une fois votre logiciel de comptabilité choisi, vous pouvez l’intégrer à votre compte professionnel. Cela facilitera grandement le travail de votre comptable. Il aura alors accès aux dépenses de l’entreprise en direct. Les risques liés aux pertes de données seront fortement amoindris.

Gérer ses factures impayées

Vous avez peut-être déjà été confronté à une situation dans laquelle l’un de vos clients s'est avéré mauvais payeur.

Soyez vigilant, car les factures impayées peuvent avoir un impact considérable sur la trésorerie d'une entreprise. Plus elles s'accumulent, et plus il devient difficile d'honorer ses engagements.

Veillez donc à ce que cette situation ne se reproduise pas trop souvent. Pour prévenir le risque d'impayés, vous pouvez mettre en place un certain nombre de mesures concrètes :

  • Se renseigner sur son client avant de réaliser la transaction ;
  • Souscrire à une assurance professionnelle contre les risques d'impayés ;
  • Utiliser un logiciel de recouvrement de créances ;
  • Réduire les délais de paiement et demander un acompte.

Dès que vous constatez un retard de paiement, n'hésitez pas à envoyer une relance. Bien souvent, un appel ou un email suffit à débloquer la situation.

Si ce n'est pas le cas, vous pouvez procéder à l'envoi d'une lettre de mise en demeure. Cette lettre, plus formelle que la relance, est la dernière manœuvre amiable possible avant d'intenter une action en justice. Elle fait état de votre intention de saisir les tribunaux compétents si la situation n'est pas régularisée.

Négocier les contrats et les délais de paiement avec ses fournisseurs

Il est important de passer en revue les différents contrats avec vos fournisseurs. Prenez un moment pour vous poser quelques questions :

  • Ai-je toujours besoin de ce contrat pour développer mon entreprise ? 
  • Ai-je pris le temps de comparer cette offre avec celle de la concurrence ?
  • Suis-je satisfait de la prestation ?

Cet exercice demande un peu de temps, mais vous permettra de faire le point sur votre situation actuelle. Certains de vos contrats ont peut-être été conclus il y a plusieurs années et ne sont plus adaptés aux besoins de votre entreprise. C'est le moment pour faire jouer la concurrence et de demander une baisse de prix.

Vous pouvez également négocier des délais de paiement avec vos fournisseurs.

💡 Bon à savoir : un délai de paiement ne peut pas excéder 60 jours à compter de la date d'émission de la facture.

Optimiser la gestion des stocks

L'optimisation de la trésorerie passe aussi par une bonne gestion des stocks.

Certaines entreprises ont des difficultés à liquider leurs marchandises et sont contraintes de vendre les invendus à prix cassé, voire à perte. Et c'est sans compter les coûts d'entrepôt qui s'avèrent souvent très onéreux. Résultat : le développement de l'activité est freiné, et la trésorerie affectée.

Pour éviter cet écueil, il est essentiel de maîtriser ses stocks. Il s'agit ici d'identifier les meilleures ventes et les produits qui fonctionnent moins bien pour s'approvisionner de manière intelligente. 

Vous pouvez aussi opter pour des modes de gestions de stock alternatifs, comme la gestion à flux tendus. Cette option vous permet de limiter les coûts de stockage et les risques d’invendus. Toutefois, elle n’est pas adaptée à tous les secteurs d’activité et risque parfois de provoquer des ruptures de stock.  La vigilance est donc de mise.

Séparer les postes de dépenses grâce aux comptes multiples

Chez Qonto, nous proposons une fonctionnalité très utile pour reprendre le contrôle de la trésorerie : la création de comptes multiples.  

Les comptes multiples vous permettent de : 

  • Différencier vos postes de dépenses par catégorie (frais de déplacement, charges sociales et fiscales) et mettre de l’argent de côté ;
  • Allouer des budgets à vos équipes et avoir une meilleure visibilité des dépenses de chacune d’entre-elle ;
  • Séparer vos activités si votre entreprise opère dans plusieurs secteurs différents. 

Vous pouvez créer jusqu’à 5 comptes courants, avec une carte de paiement et un IBAN dédiés. Et tout cela, en deux clics. 

Vous avez lu notre article en long, en large et en travers ? Félicitations ! Vous avez désormais de toutes les cartes en main pour gérer la trésorerie de votre entreprise. 

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